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Strike Off the Walls

Le nouveau projet de ViaVallesia demande un instrument de musique plutôt monumental, si possible éphémère, sauf si l’instrument en question symbolise l’espoir… De ceux qu’on souhaite voir tomber, il en existe environ 25’000 km de par le monde. De ceux qui sont décorés pour symboliser les droits humains et le vivre ensemble, encore beaucoup trop peu en comparaison.

Le percussionniste américain Glenn Weyant a créé une pièce musicale qu’il joue, une fois par mois, sur le mur séparant le Mexique des Etats-Unis. Le nom de la pièce est explicite : FUCK THE WALL ! Il joue depuis 10 ans sur cet instrument qu’il qualifie ironiquement comme «  le plus grand et le plus cher au monde ». En y plaçant des objets vibrants, qui sonnent – STRIKE –  il redonne vie à un mur qui symbolise la mort pour ceux qui ne peuvent le franchir. C’est sa manière d’honorer les hommes libres et de pointer du doigt ceux qui se barricadent plutôt que de vouloir partager.

ViaVallesia s’associera chaque année, le 10 décembre, journée des Droits Humains à l’action de Glenn en allant jouer des murs symboliques de ce côté de l’Atlantique. La performance sera annoncée et filmée, des montages seront postés sur YouTube. Chaque année, des musiciens supplémentaires viendront s’ajouter à la communauté des STRICKERS, ceux qui frappent mais aussi ceux qui souhaitent que soit définitivement prononcée la grève des murs de séparation et qu’on les abatte, STRIKE OFF THE WALLS !

Droits humains

La ville de Monthey a annoncé officiellement le 21 octobre 2017 avoir fait candidature pour figurer sur la liste des villes contre la peine de mort.

A cette occasion, ViaVallesia a écrit un hymne, « la peine » que vous pouvez écouter ci-dessous dans sa version « de travail »

LA PEINE
texte & musique : Carine Tripet (2017)

Il y a ceux qui sont pour
Au cœur brûlant du désir fruste d’en découdre
Avec au fond, ce sentiment, d’un juste « dent pour dent »
Même si cet « œil pour œil » se referme sur un cercueil

Si contre je me bats
Mon cœur brûlant du désir de clore ce débat
Faut-il livrer un condamné à la plus lourde peine 
Et charger le bourreau de nous défaire de ce fardeau ?

On nous dit qu’elle, bien que cruelle,
Rend la justice en sacrifiant la vie
Mais combien d’innocents faudra-t-il assassiner
Pour que partout se dressent nos flammes de sagesse ?

On dit que sa présence
Suffit pour dissuader les plus viles déviances
Mais si c’est vrai, pourquoi les faits dénoncent l’argument
En prouvant que les crimes ne sont pas moindres dans l’abime

Quel juge peut ignorer
Le doute qui saisit soudain le cœur des jurés
Quand l’évidence se fait attendre et qu’il faut condamner
Au destin capital un être qu’on connaît si mal

On nous dit qu’elle sert de modèle
Que la justice ne souffre pas l’erreur
Mais peut-on sacrifier le respect, la dignité
Au nom de la vengeance ou par indifférence

Et l’on sait qu’elle brisera celles
Qui sont soumises à la loi du plus fort
Car il est de ces hommes pour jouir du droit de mort
Et pour jeter la pierre à la femme trop fière

Il me reste à vous dire pour clore ce plaidoyer
Qu’en mon âme et conscience
Je condamne au silence de mort
La peine



« Aussi terrible, aussi odieux que soient leurs actes, il n’est point d’homme en cette terre dont la culpabilité soit totale et dont il faille, pour toujours, désespérer totalement » (extrait du discours de Robert Badinter à l’Assemblée Nationale, précédant le vote sur l’abolition de la peine de mort en France en 1981).


Il viaggio

Quoi de plus logique qu’un voyage, pour un collectif qui a choisi Via comme prénom ? Si le groupe se réduit ici à trois musiciens, c’est que ce Viaggio-là s’annonce comme un périple plus intime que les spectacles précédents. De demi-teintes en sons pleins, le répertoire proposé traverse le paysage de montagnes que le trio incarne à deux voix, trois corps, quatre baguettes, six mains, … et de multiples sons.

Autour d’un thème récurrent de Richard Galliano (Il viaggio), les mélodies du monde s’enchaînent pour vous faire découvrir les dimensions culturelles mondiales accrochées aux sommets et hautes vallées. Du survol de la Mongolie intérieure au Corcovado de Rio, de l’Emmental Suisse aux pics noirs de la réserve des Lakotas, ce tour du monde en hauteur témoigne de la place qu’occupe depuis toujours la montagne dans la vie des humains.

Montagnes sacrées, paysans d’altitude, nostalgiques de ballades sur sentiers escarpés, vols d’oiseaux par-dessus le tout, le trio transite de prières en jodl, de chanson en évocation, de paroles en sons, de murmures en cris. Car la montagne témoigne de l’étendue de la panoplie des émotions, éventail que les musiciens-guides vous feront découvrir durant une heure sans applaudissements, car qui applaudit la nature ?

Un Viaggio, pour vivre de l’intérieur le souffle rude de l’altitude, la solitude des sommets et la sérénité d’un monde trop sauvage pour être habité autrement que par des sons (et des esprits ?).