discographie

Poet(h)ic

Poet(h)ic (2017), comme son nom l’indique …

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H2O

H2O (2013), à l’occasion de l’année internationale pour la coopération dans le domaine de l’eau.

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Exil

Exil (2011), textes écrits par des migrants

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Poet(h)ic

Difficile de définir l’identité musicale à ce collectif hors normes. Compositions de styles musicaux éclectiques, textes toujours politiques, teintes world music et principes éthiques de plus en plus affirmés, la démarche artistique orientée par l’engagement de Carine reflète la réalité d’un engagement culturel rompant délibérément avec une visée commerciale.

Les arts plastiques, la littérature, le théâtre, le cinéma et la chanson ont toujours su, à toutes époques, trouver des voies pour bousculer le conformisme. A l’échelle locale, l’engagement politique via l’action artistique existe par-delà le temps. Mais les luttes pour les droits de notre société occidentale, déjà bien riche, font oublier qu’à quelques centaines de kilomètres, les droits fondamentaux de millions d’humains sont encore une lutte quotidienne.  La dilution d’informations tragiques – construction de murs de séparation, musèlement de la presse, crime d’écocide, destruction de patrimoines culturels millénaires – peine à émerger du flux incessant de communiqués de presse. Où est passé l’essentiel ?

Après le métissage musical de ses deux premiers albums – chansons sur musiques latines pour EXIL, world music-jazz pour H2O – ViaVallesia vire chanson française pour cet album qui questionne poétiquement nos valeurs. La dimension éthique ne s’ouvre pas que sur des textes : ViaVallesia affirme son identité multiculturelle en invitant des musiciens qui peuvent, de par leur parcours, témoigner du déracinement, de la confrontation des cultures. Toujours secondée par des amis immigrés qui l’aident à peaufiner la diction des textes plurilingues, Carine poursuit son exploration des langues du monde, pour mieux porter, par sa voix, les réalités qu’il est difficile de faire entendre quand on est minoritaire. Dans une époque où l’information circule sans discontinuer – et sans exergue – elle choisit de s’arrêter, à dessein, sur des thèmes qui questionnent les valeurs communes à toute l’humanité. Ainsi, dans une époque où la carrière personnelle prend le pas sur les projets collectifs, où les réseaux servent à maintenir un lien «  un jour peut-être utile », le collectif joue ainsi la carte du vivre ensemble. Dans une époque où la politique culturelle vise à soutenir des carrières autosuffisantes, les musiciens de ViaVallesia vivent la musique, sans regret de ne pouvoir, justement, en vivre.

Orith Kolodny, graphiste israélienne, a dessiné, pour la pochette de ce nouvel album, un mur de H. H comme étHique, bien sûr, mais aussi HELP, HOLD ON, Holocauste… et H comme l’arme qui coupe les têtes pensantes. Pour élever la dimension éthique en poésie, un Quetzal, symbole de parole vive, s’envole en point sur le « i ». Car si cet oiseau meurt quand il est en captivité, son envol assure sa liberté intérieure. Emmuré, au propre comme au figuré, il se laisse dépérir.

Plus libre dans la forme, ViaVallesia choisit un chemin direct vers l’information, par la chanson. Musicalement plus brut que les précédents albums, le nouvel opus du collectif s’avance ici comme un Quetzal nouveau-né qui prendrait son envol. Car pour affirmer que la singularité des hommes est la seule norme sensée dans une société où l’on prêche le respect, le collectif choisit de s’opposer. Être critique et s’indigner ne suffit plus. Cet album est une dénonciation, un premier envol vers l’action. Et la Via ne fait que commencer.

H2O

H2O, l’appellation universelle qui décrit cet élément vital :

water, îvoue, rano, d̮i, apă, su, imeq, Wässer, évoueu, kom, लः, ना , eau

Par ces langues, je vous emmène explorer les dimensions poétique, politique, écologique et philosophique de l’eau: un poète népalais évoque son pouvoir révélateur, un économiste américain met en garde contre sa privatisation, un villageois valaisan raconte la guerre que les paysans de naguère se faisaient l’été quand ils en manquaient, un écrivain turc relie les larmes et la mer, un écologiste gruérien d’adoption philosophe sur sa raréfaction ailleurs et qui sait, un jour peut-être ici… Sept autres histoires viennent compléter ce voyage aquatique, pour ouvrir le débat et sortir de l’équation “eau = problème”. Car le problème, c’est l’homme. C’est lui qui maltraite l’eau, la manipule, l’épuise et l’asservit. En pacifiste absolue, elle ne bronche pas et continue à nourrir celui qui l’étouffe.

Il était plus que temps de rendre hommage à ce martyr généreux et muet. Puisse ce voyage poétique et musical accompagner vos pensées lorsque vous boirez votre prochain verre… d’eau.


Ce que disent les professionnels de la culture:

La Fondation Prévert, qui nous a accordé le droit de faire une chanson avec un poème de Jacques Prévert jusque là non mis en musique: « Nous vous remercions du choix de ce texte magnifique que vous nous faites redécouvrir ! »

Taliké, la chanteuse malgache qui a composé et interprété l’original de Ry Ampela: « Wouaouw!!! C’est vraiment super!!! BRAVO! Quelle bonne surprise. C’est vraiment magnifique cette version, j’adore« 

EXIL

Démarche
Les identités des habitants du Valais – et de Suisse – sont multiples et trop souvent réduites à l’appartenance linguistique des régions : Haut et Bas en Valais, Romandie, Suisse Alémanique ou Italophone en Suisse. Le spectacle VIAVALLESIA : EXIL défend la multiculturalité. Histoire de migrants d’aujourd’hui et d’hier, d’ailleurs et d’ici, les chansons se déclinent en 12 langues : français et oberwalliser mundart, mais aussi tamoul, arabe, mooré (Burkina Faso), tigryna (Erythrée), espagnol, italien, albanais, rromani, kurde et patois des Marches. Un thème réunit les poèmes choisis : l’exil. Les textes sont tantôt issus du patrimoine poétique mondial, tantôt écrits pour l’occasion par des immigrés. Ils sont porteurs d’espoir, de tristesse, d’ironie, de tragédie. Jamais ils ne sont vains. Carine Tripet les a collectés et mis en musique. Le groupe a travaillé les arrangements sous la direction de Patrick Perrier.

ViaVallesia trace sa route, partant du Valais, pour diffuser un message de tolérance. Le spectacle est un voyage, une ouverture vers des langues et cultures que la différence tend à nous faire rejeter. Carine souhaitait prêter sa voix à ceux qui taisent ordinairement leurs sentiments liés à l’exil, pour susciter une curiosité humaniste chez ceux qui ne connaissent pas cette réalité.

Serez-vous de ceux-là ?